Antarcia Orasowl

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Antarcia Orasowl

Message par Antarcia Orasowl le Jeu 29 Avr - 19:31

Général :



Nom : Orasowl.

Prénom: Antarcia.

Âge : Vingt deux ans.

Nationalité: Eternal Snow.

Animal rattaché : Renard des neiges. (ou renard bleu.)




Santé :



Maladie : Aucune. (pour l'instant du moins)

Phobies : Sa véritable phobie est de ne plus trouver parcelles de neige à se mettre sous les pattes; que le climat glacial disparaisse ; ne laissant dans son linceul qu'un rivage digne des forêts tropicales.
Elle porte aussi en horreur la chaleur. Mais pas de cette tenue chaleur qu'on trouve dans une place bondée. Non, celle lourde..l'intenable canicule qui semble vous cuire à petit feu.






Plus particulièrement :




Physique :

Il neige. En réalité, c'est une quasi-tempête qui abat là ses crocs. Les quelques villageois s'ébrouent, certains rentrent chez eux. Un lynx au pelage blanc , tacheté d'une myriade de petites tâches grises se met à bailler au corneille..insensible au vent.
Et, soudain, une ombre blanche passe. Furtive, instable, elle donne l'impression d'être à même d'éviter les flocons turbulents. Ou bien, de danser à leur côté. La rafale passe, les touffes de neige tanguent de gauche à droite..essoufflées. Et la petite renarde tourne sa face hilare, très vite. Ses yeux captent quelque chose, ses iris se contractent..
Pof, à peine qu'on la regarde, qu'elle sautille à quelques mètres de là. Ses pattes la propulsent en de petits bonds, donnant à la situation un côté assez marrant. C'était comme si, elle évoluait sur des ressorts.
Son petit museau plonge dans la neige, une, deux, vingt fois. Elle dodeline sa tête à l'intérieur de chaque trou froid et croque l'eau gelée...jusqu'à ce que, à force de persévérance, elle déniche un petit rongeur au fond d'un terrier froid. Une gerbille blanche à l'intérieur de la gueule du canidé, qui couine à n'en plus finir. La renarde bleue lâche alors l'animal. Un animal minuscule qui se transforme petit à petit en une grande personne.
Elle a gagné..
Antarcia quitte sa forme animal. Elle est petite, ne doit pas dépasser les un mètre soixante. Ses cheveux paraissent un peu rêches et, arborant un gris de la sorte, cela ne fait que renforcer cette impression. Une main délicate qu'elle pose contre sa fine hanche, Antarcia peint un sourire franc sur ses lèvres pâles.
Ses yeux sont d'un bleu très étrange. C'était comme si on se serait risqué à faire fondre de la glace trop longtemps conservée et qu'on y aurait versé sa teinte primaire aux creux des deux prunelles de la jeune femme.
L'homme en face d'elle, ancienne gerbille, rit à peine.
Il a perdu..il a perdu son pari. Mais s'il ne peut avoir une soirée avec elle, cela ne l'empêche pas de pouvoir encore la regarder.
Et c'est ce qu'il fait, le bougre. Il regarde les fins sourcils d'Antarcia se lever, son nez -si similaire à la minuscule truffe des renards- se plisser. Son visage arbore une expression de dédain, pure comédie. Ses joues sont légèrement hâlées d'une pointe rose, contraste grandissant avec sa peau si pâle.
Voyant qu'il ne bouge toujours pas, Antarcia -qui jusque là attendait- lâche un petit grognement. Elle hoche sa tête chétive et se détourne, avançant vers la froide forêt aux abords du village. Sa démarche est rapide mais douce; à la manière d'une renarde qui marche vite mais fait néanmoins de tout petits pas.
Auparavant, elle ne portait que des vêtements clairs; mais depuis que son plus cher ami est mort, le ton de ses habits n'a de variance que le noir. Elle dit, qu'ainsi, l'âme de son Jeyco pourra mieux la suivre dans la toundra. Elle porte une cape légère, et de minces bottes qui épousent ses jambes menues. Sa robe aérienne volette à peine lorsque le vent reprend son chant. Soudain, la petite brume qui ronflait à l'horizon la rend invisible.
L'homme soupire alors. C'est incroyable...incroyable qu'un monde glacial ait voulu adopter une jeune femme si fragile.
Mais dans les poches, penaud, il regagne finalement les diverses maisons..



Etat psychologique :

On pourrait comparer Antarcia au vent qui sévit sur les parcelles d'Eternal Snow. Ce genre de vent que l'on ne retrouve guère ailleurs, et qui laisse tout à penser qu'il ne s'essoufflera jamais. Ce dernier se caractérise en sa manière de venir aussi vite qu'il repart. On a beau vouloir le saisir lorsqu'il hurle à nos oreilles, on se retrouve toujours à refermer nos doigts sur un petit rien -ou un grand vide-. Et c'est quelque chose de particulièrement frustrant..
Ainsi Antarcia a-t-elle souvent laissé un gout amer dans la bouche de ses rencontres. Non pas car elle ne les considérait pas comme ils se devaient de l'être, ou s'en prenait à leur amour propre mais juste car -quelque fusse les bons souvenirs qu'elle partageait avec eux- elle finissait toujours, tôt ou tard, par prendre congés ; et ceci à sa guise! Évidemment, il lui arrivait de revenir ; mais là encore, rien n'était sûr quant à la date et l'heure de la rencontre.
Il faut avouer que la ponctualité n'est pas le fort d'Antarcia.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Antarcia est détentrice d'un caractère fort ; car pour vivre de son propre arbitre sans dépendre d'autrui, il faut pour cela avoir une tête bien sur ses épaules ! Et bien carrée à toutes situations. Ce pourquoi, elle arrive à s'habituer très vite à toute sorte de situation. Comme le renard, elle bondit, se retourne, fait face, montre les crocs avant de rire aux aboies. Si cela s'avère être un plus pour une jeune femme telle qu'elle, il est possible d'en choper tournis et un sérieux torticolis.
Antarcia est trop vive. Bien qu'elle parle peu et que son apparence transpire la sérénité, sa vie est jonchée d'une multitude de renversements de situations. Un jour, elle se retrouve au milieu du désert de neige, sans un seul feu à l'horizon pour lui tenir chaud ou bien l'éclairer un peu, le lendemain elle tend des pièces aux divers marchands d'une place neigeuse et bondée.
Mais si Antarcia agit de la sorte, c'est avant tout pour ne pas penser. Pour ne pas faire le compte de sa vie. Car, hormis deux trois apprentissage chez une vieille, hormis une peine dont on doit se remettre au risque de sombrer, les exploits d'Antarcia sont bien légers.
Elle qui a l'âme d'une vagabonde, rêvant d'aventure et d'un peu de liberté, c'est un comble.

Antarcia est également solitaire. Mais ce furent les circonstances qui la façonnèrent ainsi. Il semblerait, en effet, que tous les êtres avec qui elle s'est liée un jour ont fini par mourir. Que ce cas de figure se répète une nouvelle fois l'effraie beaucoup. Alors, elle décide de se tenir à l'écart des autres, par simple précaution. Et comme elle ne considère pas avoir besoin de beaucoup d'affection pour survivre, cela semble pour l'instant fonctionner.

S'il est sûr d'une chose, dans l'existence plate d'Antarcia, c'est que cette dernière porte en horreur toute forme d'injustice. La violence qui n'a nécessité aucune raison apparente, les coups en traitre, la faiblesse d'une personne innocente ; tant de choses qui la pousse à , irrémédiablement, faire quelque chose. Que cela soit de se battre avec ses bras aussi puissants que deux maigres branches que le froid a gelé, ou encore mordre de ses crocs aiguisés dans une grosse parka moutonnée.
D'ailleurs, cela lui valut le droit à deux belles balafres sur le dos ; après avoir enfoncé son petit poing dans la face d'un homme qui corrigeait sauvagement son fils. Le pauvre homme, honteux de s'être fait cassé le nez par une femme qui ne connaissait rien à la boxe, l'avait attaquée de son couteau , par deux reprises. Bien heureuse fut-elle de constater qu'il s'agissait là de blessures superficielles.
Et puis, face aux nombreuses cicatrices qu'elle eut héritée lorsque ses parents la battaient ; ce ne fut qu'un petit ajout à sa collection.

Quant à savoir ce qu'Antarcia aime, ce n'est guère compliqué. Elle aime la vie. La vie, la grondante vie qui vous fait pousser des ailes, la lourde vie qui décide aussi de quitter le corps d'untel, l'existence, en soit, qui permet à chacun de faire encore ce qu'il avait pour habitude de faire. Que cela soit, voler, tuer, être au pouvoir, penser à être au pouvoir, se quereller entre quatre continents ou espérer gagner la domination d'une espèce sur une autre. Pour tout cela, et pour bien d'autre chose encore, il faut avant tout..vivre.





Biographie :

Elle m'appelait, de sa voix claire, Jeyco. En règle générale les renards ne se donnent pas de noms, mais celui-ci me plaisait drôlement.
Voilà pourquoi, lorsqu'il neigeait à ne plus savoir où déposer ses pattes; lorsque le brouillard rongeait le plat et le bombé, lorsque le ciel limpide se faisait mâchouiller par les flocons drus, j'étais toujours heureux de l'entendre.
Ca commençait par un sifflement -mais cela ressemblait davantage à un hululement de hibou-, ensuite -et ca, ce n'était que de notre ressort- je la sentais sourire. Quelque fusse le temps et la visibilité qu'il m'offrait..je pouvais deviner un profond et sincère sourire sur ses petites lèvres d'enfant. Enfin, elle criait mon nom.
L'oeil réceptif, hilare, transporté, j'accourais toujours...
Lorsque je n'étais âgé que de quelques mois, c'était d'une difficile entreprise que je la rejoignais. Je tombais dans des nids de poule, roulais pêle-mêle, glissais sur les petites plaques de givres recouvertes de neige.
Et à chaque fois, essoufflé, meurtri, je ne pensai qu'à une seule chose.
Être auprès d'elle.
Alors, une fois arrivé, j'étais heureux. J'offrais en général un concerto de jappements, de petits sauts, de mordillements amicaux, de dos arqué et de courses sans buts ni directions.
Ma petite Antarcia, du haut de ses sept ans, se mettait à rire avec moi, rire, rire à ne n'en plus pouvoir. Elle se ruait à mes devants , faisait mine de m'attraper au vol, jusqu'à m'élancer de quelques centimètres vers le ciel -juste pour me faire un peu peur.

A son âge, dans sa situation, je ne crois pas que j'aurai eu la force de rire. Parce que, encore si jeune pourtant, chez elle..ce n'était pas très drôle.
Elle me disait que ses parents buvaient..beaucoup. Moi je n'ai jamais compris. Lorsque je buvais en abondance dans le ruisseau dégelé, jamais il ne m'était venu l'idée d'attaquer Antarcia.

Mais peut être que pour les Infiniens c'est différent.

Parfois, elle pleurait quand j'étais là. A ces moments, dans le froid, je me lovais entre ses bras serrés et attendais que cela passe.. Ça passait toujours.

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Spoiler:


Le vieux Olbermus arrangea la chique contre sa joue en feu. Il marchait le long du sentier gelé, main dans la poche, longue canne comme seul appui. La neige avait cessé de tomber et, sous ce manteau froid, l'homme donnait l'impression d'être le survivant d'une catastrophe. Les arbres aux blanches branches le montraient du doigt, les trous boueux le faisaient glisser et une unique maison répandait sa lumière dans la sombre nuit, éclairant ainsi un peu le chemin du vieux.
Les fenêtres lumineuses étaient délabrées, le toit à moitié étouffé par la masse de flocons. La porte de l'entrée était en piteux état (comme si on s'était amusé à la défoncer par plusieurs reprises.)

Qui donc pouvait bien vivre ici ?
Olbermus lui, savait qui vivait là..
En un grognement il regarda les carreaux éclairés par la lumière de la demeure.
Que n'aurait-il pas fait pour débouler à l'intérieur de cette maison et flanquer de gros coups de pieds aux deux culs terreux qui gisaient là..
Mais à son âge..Ah, à son âge, qu'aurait-il pu faire ?
Le vieil homme hocha tristement de la tête et reprit son chemin.
Soudain, un petit jappement se fit entendre.
Olbermus sursauta. Surpris, il regarda en bas...et vit que sa canne écrasait la minuscule patte d'un renard blanc. Juste aux côtés de l'animal, une petite fille aux cheveux sans couleur, aux yeux pétillants lui chipa son appui de bois et le leva de façon brusque, presque sauvage. Elle lui lança un regard glacial.

"Vous lui avez fait mal." cracha-t-elle, et elle serra ses petits points; une moue colérique totalement attendrissante sur son visage de bambin.

Le petit renard bleu sauta au creux des bras de la fillette, affolé par le nouveau venu.

Un jour, elle a rencontré un vieil homme.

Je le sais parce que j'étais avec elle. Au début j'ai grogné. Cet énergumène, avec sa vieil canne et sa longue gabardine ne m'inspirait pas confiance. Il s'intéressait un peu trop à mon Antarcia. Et même si ses gestes étaient prévenants, sa gentillesse toute offerte, j'ai eu du mal à l'accepter.

Peut être parce que j'étais un peu jaloux.

Entre eux, naquit une amitié que je partageai de loin. Il venait chaque jour lui offrir un petit caramel, ensuite il s'asseyait à nos côtés et lui racontait sa journée à une seule condition : qu'Antarcia en fasse de même.
Ainsi lui avoua-t-elle le comportement de sa mère, de son père. Ainsi lui montra-t-elle quelques hématomes et cicatrices. Évidemment, elle lui parlait aussi de moi..c'était évident, puisque nous étions inséparables.

Lui il écoutait, très calme. Dans ses yeux, je n'arrivai jamais à déceler ses sentiments, ses émotions.
Lorsque la nuit tombait, il se relevait alors, enfilait sa grosse capuche et nous souhaitait une agréable soirée.

Cela dura un long moment. Moment où je pris l'habitude de la partager avec cet inconnu. Après tout, Antarcia avait le droit -plus que quiconque- de recevoir de l'amitié à outrance.

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Spoiler:
Cela faisait plusieurs heures qu'elle était ainsi. Sur ses joues, deux trainés tremblotantes et neigeuses dormaient du sommeil du juste. Ses jambes et ses bras, tout peints de rouge, étaient croisées en une position précaire du lotus, , sa bouche close, ses gros habits poisseux se faisaient ballottés par la bise blanche ; cette dernière l'embrassant à peine -comme trop inquiète pour oser la brusquer davantage. Quant à ses yeux, ils observaient l'horizon sans ciller.
Elle paraissait n'être qu'une statuette pieuse que le froid avait givré.
Jusqu'à ce que...

Une petite forme blanche se dessine au fond de la brume. Le regard mort de la fillette, qui jusque là n'offrait vue que de trois ou quatre clignements de paupières, accrocha cet évènement en un rien de temps. Ses iris se contractèrent à la manière d'un objectif, ses lèvres s'entrouvrirent et, inspirant une grande goulet d'air froid, elle arracha un cri au silence.
Un long cri qui fit office d'appel.

A ce son, venu de nul part, la petite masse s'arrêta alors. Puis, plus vite, elle reprit follement sa course et fonça droit vers la petite fille.
Ce qui n'apparaissait que comme une boule informe, se dota soudain de quatre pattes blanches, d'un minuscule museau, d' oreilles bien dressées, de prunelles d'acier..
Le renard bleu s'arrêta face à la gamine. Il était essoufflé.

"Le Grand renard soit-il loué ! Antarcia, Oh Antarcia, comment..que.....qu'est-il arrivé?" jappa soudain l'animal. Les yeux aussi ronds que des billes, il regardait le sang sur les vêtements de la fille. Par inquiétude, très lentement, il enfouit son petit minois contre la jambe recouverte de l'enfant lorsqu'il vit que cette dernière ne bougeait toujours pas. Ne parlait pas davantage..

"Antarcia, allons, relève toi !"

Antarcia ne regardait pas le renard. Si elle ne le regardait pas , ses mains se posèrent sur la fourrure du canidé; un simple geste qui lui semblait salvateur..comme un moyen pour ne pas sombrer et se raccrocher à une ultime lucidité qui tentait par tous les moyens de s'effondrer.
Ses petits doigts grimpèrent sur l'échine du renard blanc, lui frôlèrent la tête, à peine : aussi prestement que la caresse d'une plume sur de l'eau que le vent fait danser.

Un sourire timide naquît sur ses lèvres pâles.

"Jeyco, je crois que j'ai peur" avoua-t-elle.

Le renard releva sa truffe vers le visage de la gamine. Ses yeux étaient piqués par les étoiles de la terreur..


Le jour de ses quinze ans (et quelques soleils et quelques lunes de plus), je l'attendais comme à mon habitude.
Mais, pour la première fois, elle ne vint pas. Aucun sifflement, pas de hululement, sa voix..était partie.
Le vent était fort, mais ma crainte bien plus grande encore. Je me suis alors élancé dans cette toundra, et l'ai chercheé. Plusieurs heures, en espérant accrocher à l'intérieur de mes petites oreilles un son que j'aurai pu reconnaître.
C'est vers la fin de la journée que je l'ai enfin retrouveé.
Recouverte de sang, elle était assise au milieu de ce nul part..complètement désorientée.

Malgré tous mes efforts pour la déplacer, elle resta ainsi prostrée. Alors j'ai fait ce que je faisais toujours lorsque ca n'allait pas. Je me suis placé sur ses jambes, au creux de ses bras poisseux de sang et j'ai attendu.
Une heure défila, dans le plus complet silence. La nuit avait déjà déposé son manteau noir lorsqu'elle consentit enfin à me parler.

Sa phrase était étrange pourtant..elle avait dit cela avec une sérénité toute faite, comme façonnée depuis tout ce temps pour espérer ne pas trop m'inquiéter. "Je me suis réveillée, je les ai vu...je les ai vu..Jeyco je les ai vu mais...je ne me souviens pas."

"Qui donc, de qui parles-tu Antarcia?" lui avait-je demandé, littéralement mort de trouille (je devais l'avouer).

"Le vieux Olbermus, ma mère, mon père. Ils...ils.. sont morts, Jeyco". Puis, elle éclata alors en sanglot.
Au centre de ce post-traumatique, j'essayai de lui dire des mots réconfortants -pour moi-même me réconforter un peu. Mais je ne trouvai rien à redire. Et dans la chape de mort qui flottait tout autour de nous deux, je l'entendais murmurer, au bord du désespoir.

"me souviens pas...me souviens pas.."

- - - - - -


Le lendemain, je ne sais pas où Antarcia eut dénichée la force pour se mouvoir. Mais elle me suivit sans en démordre, sans jamais regarder en arrière. C'était, comme si j'avais eu à côté de moi un robot à la carrosserie gelée.
Je l'ai emmené à la caserne de verre. Tous les renards bleus connaissaient cet endroit. On y disait, que celui cherchant refuge trouverait toujours le gîte.
Le prêtre qui veillait sur ces lieux fit son possible pour nous apporter son aide.
Mais nous savions tous deux, qu'il ne pourrait pas nous soutenir davantage. Il prodiguait ses savoirs, mais ne s'occupait pas d'enfants devenus orphelins...Ce n'était pas dans son apprentissage.

Alors nous sommes repartis, lorsqu'Antarcia reprit des forces. Comme un périple dessiné par la mine du destin rieur.

Parfois, je me laissai à dire un petit : pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu qu'Antarcia subisse ce genre de préceptes, purs clichés d'une orpheline sans souvenir ? Je n'ai jamais obtenu de répondre , ni de l'Oracle, ni des gloussements du vent.

Eternal Snow était mon gîte, le lieu que j'ai foulé de mes coussinets depuis le moment où Antarcia m'a élevé (une petite boule de poil blanche sous la neige, abandonnée là...il n'y avait qu'Antarcia pour comprendre mes jappements). Je savais où se trouvait le plus grand village du continent froid. Ma tête m'intimait de l'y conduire. Mon coeur, voulait jalousement la préserver. Et mon esprit, a fait ce qu'il cru bon de faire...ainsi, je l'ai emmené vers la civilisation.

Lors que les habitants nous eûmes trouvé, tous deux, et elle, si cadavérique, si frigorifiée..ce fut sans doute la première fois que je la laissai entre leurs bras sans échapper des grognements.

Ils prirent soin d'elle comme je n'aurai pu mieux le faire. Ils avaient des mains, douces, chaleureuses, j'avais des griffes pour soutenir sa santé.

Elle fut recueillie par Landry, un père de famille sévère mais juste. Il avait un fils, un peu plus vieux que ma Antarcia. Il s'appelait Natanael. Ils restaient beaucoup ensemble et, au fil du temps, je savais très bien qu'il y avait quelque chose entre eux. Je l'aimai bien ce garçon. Il était un peu insouciant, se jetait beaucoup tête la première dans les mauvaises situations; mais c'était quelqu'un qui avait un bon fond. Et j'étais heureux, car Antarcia l'état aussi.
Tout allait pour le mieux. Je vivais paisiblement aux côtés de mon double, de ma moitié, sourire aux coins des babines. Parfois, lorsque le vent qui mordait et griffait se levait; je l'entendais m'appeler...c'était l'instinct. Mon regard se braquait alors vers l'horizon, vierge de fondations ; aussi plat et insensible que les abysses blancs..et quelque chose, au fond de mon ventre, m'intimait de courir là bas, là bas, loin de tout, là bas, pour plonger mes pattes dans la neige, là bas, pour hurler ma joie.
Mais il suffisait que la main d'Antarcia m'effleure le haut du crâne -comme elle le faisait si souvent- pour que je me redresse, et tourne dos à l'appel..

"Tu as le droit d'y aller, et de revenir, tu le sais Jeyco" m'avait un jour dit ma chère Antarcia. Ce n'était pas faute d'avoir essayé mais, malheureusement, je n'en avais jamais la force. C'était comme si, plus je m'éloignai d'elle, plus un fil rattaché entre nos deux coeur se tendait..à l'extrême.
Âgée de dix huit ans, Antarcia décida de quitter son gîte. Landry fut beaucoup peiné, mais pas autant que Natanael qui -sûrement- s'était vu à ses côtés jusqu'au jour de leur mariage. Mais Antarcia n'était pas de cette gente là. Il lui fallait exister, pleinement ; insuffler à ses souvenirs un goût de liberté..et rester ainsi à l'intérieur d'une maison c'était un peu pour elle comme une prison.

A son départ, le fils de Landry eut beaucoup de mal à se relever moralement. Il l'avait aimé, sans aucun doute passionnément. Antarcia, elle, l'avait apprécié mais , malgré tout ses efforts pour en ressentir davantage, je ne crois pas qu'elle ait pu lui offrir le même amour, aussi profond.
Néanmoins , elle promit aux deux hommes de leur rendre visite.

- - - - - -

Antarcia partit, comme ça , sans se retourner. Lorsque je lui posais des questions sur notre destination , elle fermait les yeux puis...de façon banale, haussait les épaules. Comme si tout ceci , n'avait pas la moindre importance.
Nous marchâmes longtemps, si longtemps que j'oubliai d'y prêter attention. Et finalement, elle s'arrêta.
Moi je ne comprenais pas. Ni son comportement, ni son lourd silence, jusqu'à ce que je vois des larmes dévaler la pente de ses joues; drôles de gouttes cristallisées par la tempête. Ses, cheveux, ballotés par le vent, essuyaient le coin de ses yeux ; comme en guise de pitié.
Elle s'assit alors à même le sol, tout contre la neige.

"Jeyco, n'as-tu jamais trouvé que j'étais bizarre ?" me demanda-t-elle, sans me regarder. Mais je n'eus pas le temps de répondre, que déjà elle reprit.

"Dans le village, certains jeunes se transformaient. Tu l'as vue , cette chouette qui s'envolait, ou encore ce loup -oui ce loup blanc!- qui faisait mine de l'attaquer..la gueule rieuse. Jeyco, est-ce que tu as vu , tous ces Infiniens ?"

Me oreilles se plaquèrent. Debout, les pattes immobiles, je ne disais rien. Parce que durant toutes ces années, j'avais prié pour que jamais n'advienne cette discussion. Pourtant j'aurai du savoir que tôt ou tard, la question tombe toujours. Et c'est à la manière d'une marche vers l'échafaud que je l'accueillis. Mais je n'étais pas inquiet, pas inquiet de lui montrer que j'étais au courant de certaines choses.

Ainsi lui expliquais-je qu'il fallait beaucoup de temps , et plus d'entrainement encore pour réussir à pallier aux défauts d'une transformation complète. Plus que tout, je la rassurais, en lui disant qu'elle n'avait rien de bizarre.

Fusse ce jour où elle ne me vit pas que comme un bon ami ; mais davantage encore... comme un animal qui en savait long sur certains domaines.
Un jour suffit pour qu'elle me montre le lieu de sa destination. Une petite maison de rondins en bois, à la cheminée toussotante où se trouvait une vieille dame au regard revêche, à la canne courte mais douloureuse. (Je savais cela car je m'étais reçu plusieurs coups de bâtons , lorsque j'eus la mauvaise idée de secouer mes pattes pleine de neige à l'intérieur du salon de la vieille acariâtre.)
Si je détestai déjà beaucoup cette bonne femme, ma surprise fut plus grande encore lorsqu'Acantarcia m'annonça que nous allâmes vivre ici durant quelques temps.

Elle l'avait rencontrée au village, alors que cette dernière était venue chercher des herbes sèches. C'était quelqu'un qui en connaissait beaucoup d'après Antarcia.
Moi je pensais , qu'il y avait tant de personnes qui étaient érudits et qu'Antarcia aurait pu choisir quelqu'un d'autre. Il n'y avait pas à dire, je ne l'aimais pas.
Une année coula comme une rivière d'habitude, de souffrances. Si je pensais être épargné par l'apprentissage, je me trompai lourdement. Elle me força à faire des exercices qui me paraissaient dénués d'intérêts (comme essayer d'attraper de mes pattes les plus gros flocons qui chutaient; ou de faire des demis-tour tout en retombant sur mes propres traces.)

Cette vieille m'interdisait de voir les entrainements d'Antarcia. Elle disait que cela la perturberait; qu'elle avait aussi besoin -parfois- de rester seule.
Et alors, un beau jour, Antarcia accourra vers moi. Furtive, tellement plus agile depuis qu'elle côtoyait cette vieille dame, elle me souleva de terre. Sa main m'enserra en une infime pression, sa bouche coula tout contre mes petites oreilles ; pour que je l'entende tout à loisir.

"Jeyco, ma transformation, j'ai réussi." me souffla-t-elle. Et alors, comme deux êtres à peine sortis du berceaux, sans la moindre constance, nous sautillâmes dans la neige en jappant, riant, dansant à tue-tête. La vieille femme, qui nous regardait depuis sa fenêtre givrée, nous maudissait du poing pour notre comportement puéril.
Pourtant, si j'avais été plus attentif à cet instant, j'aurai pu voir que le coin de ses lèvres s'était à peine étiré..tel la preuve d'un petit rire complice.

A ce moment, ce fut le bonheur. J'avais tellement imaginé, dans mes rêves, qu'Antarcia se balade sous forme de renarde à mes côtés. Dire que dorénavant, cela était possible. Lorsque le vieille partait pour ses courses matinales, nous quittions la maisonnette en bois. Et alors , c'était des poursuites effrénées, des grognements faussement agressifs, des petits gueules ouvertes en guise de rire. j'étais un vieux renard bleu , elle était une jeune femme de vingt ans ; et pourtant, nous nous comportions comme des gamins qui ne prenaient pas conscience des rudes situations, de la dureté de la vie.

- - - - - - -

Mais hélas, le jeu prend toujours fin un jour ou l'autre. Et la rudesse de la vie, je l'appris..à mes dépends.
Au début, cela ne se manifesta que comme une petite doux. Au fond de ma gorge, ca sifflait un peu.. mais c'était plus gênant qu'autre chose.
La vieille me regardait parfois du coin de l'oeil, comme tracassée. Et puis, de petite toux, cela devint une expiration bruyante et saccadée ; jusqu'à ce que je ne puisse même plus partager avec Antarcia une modeste course sous le froid.
Aaah...ma chère Antarcia, comme elle se fit du mouron pour moi. Sans cesse à me surveiller lorsque je dormais, elle tournait parfois en rond au centre du salon..incapable de tenir en place lorsque la vieille dame passait main sur mon pelage hirsute.
Mais ce fut cette vieille..cette vieille que j'avais tant détesté, qui m'étonna. Jamais elle ne me lâchait d'une semelle. Elle me faisait boire chaque jour des drôles de décoctions peu ragoutantes, et lorsque je la devançai de quelques bonds pour sortir, elle accourait, me forçant à rentrer à l'intérieur de la maison;

Bientôt, cela ne fut plus nécessaire..car je ne me levais plus. J'avais beau tendre mon cou , la langue pendante, le visage suppliant pour rejoindre la neige qui chutait, mon bassin semblait paralysé, mes muscles perclus.

Parfois, je voyais mon Antarcia discuter avec la vieille femme..dans un coin de la vieille cuisine. Elle murmurait, si doucement, si lentement, que je n'entendais jamais rien. Puis, elle s'approchait alors de moi , et , sourire aux lèvres, me disait.

"Ce soir, je reste avec toi."

Alors, elle se transformait en cette petite renarde blanche que j'aimais tant, et se lovait tout contre moi..m'apportant un peu de sa tendre chaleur.

Une nuit, tandis que tout le monde dormait, je me réveillai en sursaut. Mon pelage était hérissé, ma fièvre me rendait dément. Je voyais de drôles de ficelles s'imbriquer devant ma vue, l'envie de vomir me prenait aux tripes, trop de souvenirs taraudaient ma pensée.. Alors, je m'étais trainé du mieux possible, poussé par la force du désespoir, mon bassin trainant au sol. Mes yeux suppliaient en silence, lorsque j'eus réussi à m'approcher de la porte de l'entrée. Et mes pattes grattaient jusqu'au sang le bois, priant qu'on me laisse sortir.
Hurlements, cris, drôles de pleurs..un concerto qui demandait qu'on m'envoie dehors. Je devais être dehors..je devais y aller.

Antarcia et la vieille femme furent dans tous leur état. Surtout Antarcia. Elle se levait, s'accroupissait à mes devants, me touchait, retirait sa main. La vielle dame lui attrapa alors le bras, avec une certaine violence. Son regard était dur comme le fer. Mais lorsqu'elle lui parla, ce fut avec douceur. Comme pour ne pas la brusquer.

"Antarcia, c'est fini. Tu dois le laisser, laisse-le. Et offre lui ce dernier plaisir."

"Mais s'il va dehors dehors , sous ce froid il va..."

"Antarcia.."

"Il risque d'être encore plus malade et.."

"Antarcia !" cria-t-elle alors, et ses yeux brillaient fort. Cette dame, si implacable, tant sévère, semblait elle même touchée par la situation. Et c'est cela qui fit prendre conscience à Antarcia l'horrible vérité.
Alors..la jeune fille, qui aurait du s'effondrer, à tout jamais et se laisser digérer par la douleur, ne trahit aucun sentiment de faiblesse. Visage blanc comme un linge mais impavide, elle tendit ses douces mains vers moi. Elle me porta et me lova tout prêt de son coeur que j'entendais battre trop vite...sans comprendre pourquoi. Après tout, je voulais juste aller dehors..

Elle ouvrit la porte de sa paume valide et s'enfonça dans la nuit noire. Aucun vent, pas de neige. Tout respirait en un silence dévot.

Antarcia me déposa alors sur ce froid et blanc manteau que j'aimai tant. Je jappai pour la remercier, débordant d'affection, heureux comme jamais de pouvoir enfin sentir ce milieu dont on m'avait trop longtemps privé. La respiration lourde, mais le sourire léger, je fermai les yeux.
J'étais enfin reposé...
...et j'avais grand besoin de m'assoupir...



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Que pensez vous de l'histoire? J'aime beaucoup, original de lier science et fantastique, ca change un peu. Néanmoins un descriptif plus poussé de l'histoire et des 'races' , j'en rêverai; j'aimerai vraiment en savoir plus sur le contexte et l'intrigue^^

Une suggestion de groupe? : Non les groupes sont biens. Trop de groupes, je trouve qu'on s'embrouille après.

Aimez vous le designe ? Simple, clair, qui permet de s'y retrouver, j'aime bien.^^
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Antarcia Orasowl
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Re: Antarcia Orasowl

Message par Svend Winkler le Jeu 29 Avr - 22:53

Wow ! Superbe fiche ! J'ai adoré ! =)

Sur ce, bienvenue parmi nous et surtout, amuse toi bien.
Si tu as des questions ou besoin d'aide pour quoi que ce sois,
le Staff de Infine est là pour t'écouter en cas de besoin.

Bon rpg, tu es validé !

_________________
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Re: Antarcia Orasowl

Message par Samaël Ishtar le Ven 30 Avr - 16:59

Wah en effet, magnifique fiche et belle écriture. Bienvenue à toi ^^ (le froid est à la mode, je rêve!)
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Re: Antarcia Orasowl

Message par Antarcia Orasowl le Ven 30 Avr - 17:19

Marchi à vous deux pour votre accueil. ^^

(Ouip Sama, j'ai toujours été attirée par l'hiver, le froid et la neige. Donc j'ai pas pu m'empêcher de me diriger vers là. albino)
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Re: Antarcia Orasowl

Message par Samaël Ishtar le Ven 30 Avr - 17:40

Je râle parce que beaucoup de membres appartiennent au clan d'eternal snow ^^" mais je vous aime quand même <3 (je le jure!)
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